La publication d’un calendrier électoral est nécessaire, mais elle ne suffit pas à rendre une élection possible, libre et inclusive. Le Conseil électoral provisoire fixe le premier tour au 13 décembre 2026 tout en reconnaissant que sa réalisation dépend d’un climat sécuritaire acceptable et des moyens nécessaires. Cette réserve révèle le problème central : une date existe, mais la feuille de route opérationnelle reste insuffisamment lisible.

Pour le PEP, la démocratie ne peut être réduite à l’ouverture ponctuelle de bureaux de vote. Elle suppose que la totalité du peuple puisse participer sans être exclue par la violence, le déplacement forcé, l’éloignement géographique ou le coût du transport. Un scrutin organisé sans solution crédible pour ces obstacles risquerait de transformer l’inégalité sociale en inégalité électorale.

Le CEP doit faire preuve d’une plus grande imagination institutionnelle. Il peut capitaliser sur des réseaux déjà présents dans le pays : opérateurs de télécommunications, structures communautaires, écoles, coopératives, organisations paysannes, réseaux de la diaspora et services d’identification. Des dispositifs numériques sécurisés, y compris des expérimentations encadrées depuis des téléphones intelligents, pourraient être étudiés sans improvisation, avec audit indépendant, chiffrement, traçabilité et solution alternative pour les personnes non connectées.

Le PEP ne demande pas le remplacement précipité du vote physique par une application. Il demande l’ouverture immédiate d’un chantier public sur le vote à distance, le vote anticipé, les unités mobiles, la diaspora et les mécanismes d’authentification. L’innovation ne vaut que si elle élargit réellement la souveraineté populaire et ne crée pas une nouvelle fracture numérique.

Dans une perspective gramscienne, l’élection n’est pas seulement une opération administrative : elle est un moment de formation d’une volonté collective nationale. Une révolution culturelle démocratique exige que le peuple se reconnaisse comme sujet politique, y compris dans les zones rurales, les quartiers assiégés et les communautés déplacées.

Le PEP appelle donc à publier, avant toute nouvelle étape, une matrice claire des risques, des territoires accessibles, des scénarios alternatifs, des mécanismes de contrôle et des garanties d’inclusion. Le pays n’a pas besoin d’un calendrier destiné à rassurer l’extérieur ; il a besoin d’un processus capable de rendre le pouvoir au peuple.

Communiqué officiel du PEP
Pour une souveraineté populaire sans exclusion